Histoires du lycée La Mennais de Guérande : 1989-2019

Choix d’une pastorale

Par Annick Dardant
professeur de philosophie de 1992 à 2005
animatrice en pastorale de 1999 à 2002

Dix années d’une pastorale originale

Quelle pastorale définir pour ce lycée naissant ?

1.- Observer la réalité du lycée et fonder dessus une orientation.

2.- Choix d’une pastorale qui puisse s’adresser à tous et permettre à chacun de grandir dans son humanité, d’accéder à une réelle liberté.

Plutôt que de dire Dieu à des personnes qui se bouchent les oreilles à ce seul nom, ne valait-il pas mieux les aider à se libérer de ce qui les enchaine ?

 Le postulat est ici que le chemin vers l’autre est un chemin de libération intérieure et réciproquement, le chemin de libération intérieure est un chemin vers l’autre, qu’il soit l’autre être humain, Dieu ou encore cet autre que je suis et que j’ignore encore. Cette intuition prenait source dans la vie mystique du Frère Ramuntxo.

Pour le dire autrement, dans le langage évangélique, il s’agit de suivre l’exemple de Jésus qui commence par une mission de guérison. Il s’agissait pour Lui de guérir tout ce qui avait été « tordu », faussé par le péché à travers les générations.

  • Ouvrir les yeux des aveugles. Traduisons : permettre de voir qu’il y a quelque chose là où on croit qu’il n’y a rien, permettre de réaliser que le réel ne se réduit pas à ce qu’on en voit spontanément.
  • Faire entendre les sourds. Traduisons : Chacun ayant une surdité sélective qui le rend incapable d’entendre ce qui ne lui est pas familier, éveiller à de la nouveauté, à une écoute.
  • Faire parler les muets. Traduisons : la parole étant le plus souvent bâillonnée par le « qu’en-dira-t-on », par ce qu’on croit qu’il convient de dire, il s’agira donc de susciter une parole personnelle, authentique, chaque fois que possible.
  • Guérir les lépreux. Autrement dit guérir la maladie du contact, guérir de ce qui rend impossible ou faussée la relation.
  • Guérir les paralytiques. Autrement dit aider l’homme à se débarrasser de ce qui le paralyse, ses peurs, ses esclavages, ses rancunes, etc …
  • Ressusciter les morts… guérison suprême… qu’est ce qui est mort en nous ? quel désir avons-nous fini par enterrer ?

On le voit, il s’agissait d’ouvrir un chemin de Vie à chacun. Et il va de soi que le premier destinataire de la pastorale est l’animateur en pastorale et tous ceux qui œuvraient avec lui. Il n’est pas en effet épargné par la surdité, l’aveuglement, la paralysie, etc… C’est donc ensemble, chacun pour son propre compte, qu’il s’agit de faire le chemin. Aussi l’animation de l’heure hebdomadaire de pastorale pouvait-elle être confiée sans hypocrisie et à des chrétiens pratiquants et à des personnes plus éloignées de la religion mais sensées être ouvertes à cette démarche d’humanisation. La pastorale prenait ainsi sa dimension pleinement humaine. « Ce qui fait la gloire de Dieu c’est l’homme Vivant », disait Saint Irénée, c’est-à-dire l’homme ayant atteint la plénitude de son humanité.

Ce chemin vers soi, ce chemin de liberté est un chemin expérimental. Il se découvre en se pratiquant, en osant progressivement dépasser ses peurs.Il s’agit d’expérimenter quelque chose puis de regarder, relire ce qui a été vécu, éprouvé, découvert, de le nommer. Ainsi chaque expérience déplace un petit peu, fait découvrir un autre réel que celui que l’on considérait comme tel, ouvre à un monde plus riche que ce que l’on connaissait : que ce monde soit extérieur ou intérieur. Chaque personne peut ainsi progressivement se délier de son personnage, de son illusion de liberté pour devenir sujet.

Vivre attaché…
je sais !

Des moyens pour sa mise en œuvre

1.- Observer, accompagner, oser

2.- Vivre des expériences, s’ouvrir à l’inconnu

3.- Et encore…

Une pastorale pour tous, adultes compris.

Les épines et les fruits de cette pastorale

Conclusion d’un long témoignage d’élève

La fusée à trois étages…

Appendice